Le BDSM est une discipline qui ne s’improvise pas : elle demande de la rigueur et beaucoup de savoir-faire. Lorsque l’on débute, il est impératif d’apprendre à faire les nœuds de bondage de base et de connaître les différentes techniques de ligotage ainsi que les risques de cette pratique.
Le bondage, une pratique qui trouve son origine dans le Shibari
Le Shibari est une technique de ligotage japonaise qui signifie “liage”. Cette pratique ancestrale remonte à l’époque médiévale. Elle s’inspire du Hojōjutsu, un art martial pratiqué par les samouraïs qui consistait à ligoter, à torturer, à humilier et à exhiber en public les prisonniers avec des nœuds de bondage qui variaient selon le rang social, la profession, le sexe et l’âge du captif. Cela permettait de faire la distinction entre les gens du peuple et les nobles. L’emplacement des cordes et les motifs représentés indiquaient également les raisons de l’arrestation. Les personnes attachées mourraient souvent dans d’atroces souffrances. À la fin du XVIIIe siècle, ces châtiments corporels furent définitivement interdits.
Le Shibari a repris cette technique de bondage en lui apportant une nouvelle dimension axée sur l’esthétisme. C’est ainsi que le ligotage est devenu un art à part entière.
Plus tard, après l’occupation américaine au Japon, les Américains s’inspirèrent du bondage japonais Shibari et inventèrent le bondage tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La différence entre le Shibari, le Kinbaku et le bondage BDSM
Le Shibari se réalise avec des cordes très fines d’environ 5 ou 6 mm. Il permet de prendre des positions complexes et de créer divers motifs. Sa finalité est avant tout esthétique, artistique et sensuelle, sans être pour autant sexuelle. En plus de cela, il est utilisé comme une méthode de relaxation et de méditation.
Le Kinbaku est une variante du Shibari s’effectuant avec nœuds de bondage très serrés. Bien qu’elle soit similaire au Shibari, cette pratique est considérée comme artistique et érotique. En effet, une véritable connexion sexuelle se crée entre la personne ligotée et celui qui attache.
Le bondage BDSM, lui, repose sur la sexualité sadomasochiste. Il n’a pas un caractère artistique, mais pornographique. Les partenaires recherchent le plaisir sexuel à travers la souffrance, la soumission et la domination.
Néanmoins, cela ne signifie pas que les amateurs de BDSM se mettent en danger pour autant : toutes les techniques de bondage, quelles qu’elles soient, doivent suivre des règles de sécurité strictes :
- ne pas trop serrer les nœuds de bondage ;
- respecter le consentement ;
- ne pas laisser la personne attachée seule ;
- utiliser des soins aftercare ;
- instaurer un safeword, etc.
4 techniques de bondage incontournables
Le Hogtie
Le soumis est allongé à plat ventre, les mains et les pieds attachés et reliés entre eux dans le dos. Cette méthode de bondage nécessite une grande souplesse. Je vous la déconseille en cas de problèmes de dos. Il est important de préserver sa santé pendant une séance de BDSM !
Le Frogtie
La posture du Frogtie ressemble un peu à celle d’une grenouille et vous allez comprendre pourquoi. Votre partenaire se met en position accroupie ou allongée, avec les jambes repliées. Vous devez alors passer les cordes autour de ses cuisses, de sorte à les lier aux chevilles. Les avant-bras peuvent être repliés contre le haut des bras ou immobilisés le long du corps.
Le Strappado
Avec cette technique de bondage, le dominé a les mains ligotées en hauteur, à l’arrière du dos. Généralement, il se tient debout avec les jambes écartées et reliées entre elles par une corde ou une barre d’écartement. Encore une fois, il convient de faire preuve de vigilance pour ne pas blesser la personne au niveau du dos ou des épaules.
Le Spread Eagle
Le Spread Eagle est bien connu dans le bondage ! Les techniques et les positions varient. Certains soumis sont allongés, d’autres debouts. Ils écartent les bras et les jambes pour que les maîtres puissent faire un nœud BDSM sur chacun de leurs poignets et sur chacune de leurs chevilles. Cette méthode peut aussi se pratiquer avec des menottes.
Les nœuds de bondage pour s’initier au BDSM
Le single column tie
Le single column tie est le nœud de base du Shibari. Il sert de point de départ : c’est donc lui que vous devez apprendre en premier.
Vous pouvez attacher un seul membre à la fois :
- le poignet ;
- la cheville ;
- la cuisse ;
- le torse ;
- la taille.
Puisqu’une image vaut mille mots, voici une vidéo qui vous montre comment réaliser ce nœud BDSM étape par étape :
Le double column tie
Le double column tie est le second nœud de base du Shibari. Il permet de lier deux parties identiques du corps avec un nœud BDSM créant une séparation entre elles.
Vous pouvez attacher :
- les mains ;
- les poignets ;
- les chevilles ;
- les cuisses.
Pour en apprendre plus sur les noeuds de bondage, tournez-vous vers la littérature BDSM. Dans sont ouvrage Les sortilèges du bondage japonais, Modori explique et illustre les 7 positions de base du ligotage.
Quel type de corde choisir pour le bondage ?
La matière de la corde
On trouve des cordes de bondage dans des matières naturelles ou synthétiques. Les matières naturelles sont très solides, mais parfois plus inconfortables et plus douloureuses tandis que les matières naturelles sont plus souples, mais plus abrasives.
Cordes naturelles :
- chanvre ;
- jute ;
- coton ;
- soie ;
- lin, etc.
Cordes synthétiques :
- polypropylène ;
- nylon, etc.
Il est aussi possible d’utiliser un ruban, un foulard ou une cravate pour des attaches simples, sans suspension.

L’épaisseur et la longueur de la corde
L’épaisseur de la corde dépend des nœuds de bondage et de la corpulence du soumis. Souvent, elle possède un diamètre situé entre 2 et 12 mm. Les cordes de 6 mm permettent une grande variété de positions. Pour effectuer du BDSM en suspension, il est conseillé d’utiliser des liens de 8 mm minimum. Si votre partenaire a un corps robuste, vous pouvez opter pour des cordes de 10 mm et plus, même lors d’une séance au sol.
Ce sont les techniques de bondage qui déterminent la longueur de la corde : un nœud BDSM simple sur les mains nécessite moins de longueur qu’un Hogtie suspendu par exemple. Les cordes peuvent aller de 3 à 9 mètres.
Le matériel et les accessoires BDSM à utiliser avec les cordes
En plus des cordes de bondage, n’hésitez pas à intégrer des accessoires BDSM à votre pratique :
- un bâillon ;
- un collier BDSM ;
- un bandeau occultant ;
- des menottes,
- une barre d’écartement ;
- des sextoys
- des outils de flagellation (fouet, martinet, etc.).
La croix de Saint André vous aidera à réaliser certaines positions comme le Spread Eagle.
Quand on débarque dans le monde du sadomasochisme, il faut commencer chercher des informations sur le bondage, puis s’entraîner progressivement. Exercez-vous à faire des nœuds de bondage basiques avant d’expérimenter des techniques plus complexes telles que la suspension. Je vous recommande de pratiquer le BDSM avec une personne de confiance, qui saura vous mettre à l’aise et écouter vos craintes.

